Depuis le début de la crise sanitaire, la Coordination Rurale agit avec responsabilité. Lors du CNOPSAV du 9 février 2026, le Président Bertrand Venteau a fait le choix prudent de l’abstention concernant le scénario de nouvelle stratégie vaccinale pour 2026. Cette décision s’explique par l’absence d’informations suffisamment claires sur le calendrier de mise en œuvre et sur la faisabilité réelle des différents scénarios présentés par l’État, dont les arguments apparaissaient déséquilibrés. La stratégie vaccinale envisagée pour 2026 élude le principal point de tension : le protocole sanitaire actuel et le maintien de l’abattage total des cheptels suspectés, y compris lorsqu’ils sont vaccinés. Notre syndicat estime ne pas avoir obtenu de garanties sanitaires suffisantes pour participer au vote. La colère exprimée dans les campagnes ces derniers mois face à l’abattage systématique ne peut être ignorée par le ministère.
La CR le rappelle fermement : les méthodes appliquées en 2025 ne sauraient être reconduites à l’identique en 2026. La tension demeure vive, et notre syndicat met en garde les autorités sanitaires contre toute minimisation de la parole des éleveurs. Le cadre du CNOPSAV ne permet pas, en l’état, de répondre à la défiance installée. Les décisions imposées ont nourri une colère profonde, tandis que certaines pratiques préfectorales sur le terrain ont durablement entamé la confiance envers les services chargés d’appliquer les protocoles.
La Coordination Rurale a pleinement assumé son rôle de représentation et de relais légitime de cette exaspération. Les mobilisations spontanées observées (Doubs et Ariège) témoignent d’un rejet massif des méthodes employées et d’un sentiment de mépris largement partagé. Les éleveurs dénoncent le manque de dialogue, l’insuffisance de l’accompagnement des exploitations touchées et l’absence de prise en compte de leur détresse psychologique et économique. Une telle situation ne saurait se reproduire. La gestion ministérielle de cette crise a été marquée par de réels manquements.
Lors de ce CNOPSAV, la Coordination Rurale déplore que des considérations essentiellement commerciales aient primé sur les enjeux sanitaires, au détriment des éleveurs.
La priorité est désormais claire : anticiper le printemps prochain. La reprise redoutée de la DNC sur le territoire national impose des mesures complémentaires, bien au-delà de la seule stratégie vaccinale. Depuis le début, la Coordination Rurale alerte et anticipe ce risque. L’Etat doit impérativement développer des tests permettant de différencier les souches virales des souches vaccinales afin de mettre un terme à l’abattage total de cheptels. Notre syndicat demande également une révision du classement de la maladie et des protocoles appliqués au niveau européen, afin de lever l’obligation d’abattage systématique, y compris en cas de vaccination. Ces avancées sanitaires et scientifiques seront examinées avec la plus grande attention lors des prochaines rencontres avec Matignon, prévues au mois de mars.
Enfin, la Coordination Rurale alerte l’État et l’ensemble des membres du CNOPSAV : la crise de la DNC a mis en lumière un malaise profond qu’il est impératif de réparer. De nombreux éleveurs envisagent désormais de sous-déclarer la situation sanitaire de leur cheptel, par crainte de l’abattage. Une défiance durable s’est installée dans les exploitations, et elle sera difficile à résorber.
La restauration de la confiance nécessitera un engagement fort de l’État. L’acceptabilité de la stratégie vaccinale votée lundi dépendra directement de cette évolution (nécessité de la fin de l’abattage total et déclassement de la maladie).
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